Maintenant que mon père est mort, je dois me mettre en route pour Thèbes car toute ma famille y demeure et si je me fie aux rumeurs qui sont colportées mes deux frères se querellent et ma sœur ne peut les raisonner. Mais avant de partir pour ce long voyage, je dois une dernière fois me recueillir sur la tombe de mon père car je ne reviendrai certainement pas à Colone. Me voici devant sa tombe et j'ai du mal à réaliser qu'il faut que je lui dise au revoir une seconde fois, mais je pressent que cette fois-ci ce sera la dernière. Je viens juste de partir et mon esprit est ailleurs, je pense à la manière que je pourrais utiliser pour réconcilier mes deux frères qui sont sur le point de s'entre-tuer. Je dois absolument les en empêcher. Je n'ai que trois solutions possibles, empêcher Polynice d'attaquer Thèbes, dire à Etéocle qu'il ferait mieux de discuter plutôt que de contre-attaquer et mon dernier recours, faire agir Créon, mon oncle. Je fais encore quelques kilomètres puis, je m'arrête car mes jambes ne peuvent plus me porter. Un peu plus loin, sur le bord du chemin j'aperçois une étable, je m'en approche et par chance la porte est entrouverte, je rentre et je m'allonge sur un tas de paille. J'ai beaucoup de mal à trouver le sommeil car je pense à ce futur massacre, mais lorsque je peux enfin m'endormir mes rêves sont troublés par la vision du corps de Polynice qui est étendu sur le sol, sans sépulture. Dès le lever du soleil je me remets en route. Je marche pendant trois jours et trois nuits et à mon arrivée à Thèbes je suis tellement épuisée que je tombe de fatigue et je dors pendant deux jours. À mon réveil j'apprends que la bataille a eu lieu sans que j'aie pu l'empêcher.

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